Transformez les économies pour atténuer les effets de la crise économique mondiale – recommande la vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique
LUSAKA, Zambia, 6 avril 2009/African Press Organization (APO)/ — La vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique Obiageli Ezekwesili a invité les pays africains à tirerprofit du ralentissement de l’activité économique mondiale pour transformer rapidement leurs économies, en diversifiant les sources de croissance, en poursuivant les reformes, et en renforçant la bonne gouvernance. Prenant la parole au forum consultatif national dit « Indaba » qui s’est ouvert samedi à Lusaka pour évaluer l’impact de la crise économique mondiale sur la Zambie, Mme Ezekwesili a déclaré que cette transformation des économies n’est possible qu’avec la manifestation d’une volonté politique aux plus hauts niveaux des Etats. La transformation dépend également d’un engagement des leaders et citoyens à choisir de bonnes politiques afin d’atteindre des résultats tangibles de développement. « Trop souvent j’entends des leaders me dire que leurs pays se développeraient plus rapidement s’ils disposaient de plus de ressources. Je crois que les ressources sans une bonne politique de développement ne peuvent garantir la réussite. Si les politiques sont idoines, les ressources ne manquent pas de suivre, » a affirmé Mme. Ezekwesili. Les pays africains, a-t-elle dit, doivent poursuivre les reformes pour créer un environnement propice pour les investisseurs, autant locaux et étrangers. « Une fois la crise actuelle terminée, les investisseurs étrangers reviendront, mais ils seront prudents et investiront d’abord dans les pays qui auraient gardé le cap sur les réformes lancées auparavant, » a-t-elle ajouté. Mme Ezekwesili a expliqué que les investisseurs seraient également intéressés par les pays qui auraient démontré une volonté réelle de renforcer la bonne gouvernance et d’instaurer un Etat de droit. Agriculture et infrastructure, clefs de la diversification économique Bien que la crise mondiale ne soit pas originaire de l’Afrique, le continent n’est pas resté indemne, a noté Mme Ezekwesili. Pour elle, l’Afrique fait les frais de la crise mondiale visibles de différentes manières, dont notamment la réduction des investissements et la chute rapide des cours de matières premières. La situation est encore plus dure pour les pays qui dépendent d’un seul produit. Eu égard à cette situation, elle a invité les pays africains à tout faire pour amortir des chocs économiques futurs en diversifiant leurs économies. Citant la dépendance de la Zambie à l’égard du cuivre qui a entrainé le pays - du fait des montées et chutes interminables des prix - dans des cycles de boom suivi par des faillites, Mme Ezekwesili a soutenu que la diversification des sources de croissance constitue la seule garantie du développement durable. « Imaginez la Zambie sans cuivre ? » a-t-elle lancé. Elle a cité l’agriculture comme source importante de croissance que la Zambie, ainsi que d’autres pays, devrait utiliser pour réussir la diversification des économies. La croissance provenant de l’agriculture est quatre fois plus efficace en assurant une augmentation des revenus des pauvres que la croissance provenant d’un secteur autre que l’agriculture, selon le rapport 2008 sur le Développement dans le monde de la banque mondiale. A titre d’exemple, quoique le cuivre ait été une épine dorsale de l’économie de la Zambie, cette matière ne semble pas avoir amélioré les vies des pauvres ruraux. Pendant les cinq dernières années, le taux de croissance de l’agriculture zambienne est resté inférieur à un pour cent par an, en dépit de l’augmentation des dépenses consacré à un programme d’accès aux engrais. Cependant, a souligné la vice-présidente de Banque mondiale, il faudrait bien plus que l’engrais pour développer le secteur de l’agriculture. « Le développement de l’agriculture ne dépend pas uniquement de l’agriculture elle-même. Il faudrait aussi des routes, particulièrement des pistes rurales, qui permettront aux fermiers d’accéder à des marchés à Lusaka. Il faudrait l’accès à la téléphonie mobile qui permet aux fermiers d’accéder à l’information du marché pouvant leur permettre d’obtenir le meilleur prix pour leurs produits, » a-t-elle dit. « Autant important est l’accès à l’énergie, indispensable si la Zambie devrait voir naitre le secteur d’agrobusiness ; et il dépend également des politiques dans le secteur pétrolier, surtout celles qui conduiront à une réduction des prix très élevés du carburant entrainant des hausses des frais de transport, » a-t-elle ajouté. Pour réussir sa diversification économique, a expliqué Mme Ezekwesili, la Zambie doit également investir dans son capital humain. Leçons des Iles Maurice L’appel lancé par Mme Ezekwesili en faveur de la diversification et la mise en œuvre des politiques appropriées a été soutenu par un représentant des Îles Maurice à l’Indaba, qui a expliqué le succès économique de son pays par les changements des politiques aux moments idoines et la transparence dans la mise en œuvre des réformes. M. Dev Chamroo, directeur de la planification au Conseil d’investissement des Îles Maurice a déclaré que le changement des politiques visant la diversification de l’économie en 1998 lorsque le secteur de la canne à sucre représentait 98 pour cent du PIB du pays, avait permis de réduire cette dépendance à 3 pour cent en 2008. Les Îles Maurice ont diversifié du secteur de la canne à sucre vers d’autres sources de croissance telles que le secteur des nouvelles technologies de communication, du tourisme, et des textiles. Le pays a également modifié les politiques et lois pour faciliter la conduite des affaires dans le pays. Le rapport « Doing Business 2009 » de la Banque mondiale constate le succès de ces reformes en classant les Îles Maurice à la toute première place des pays réformateur en Afrique. La détermination de la Zambie Surnommé G500, à cause du nombre des délégués assistant à l’Indaba, la conférence zambienne est une toute première de sa sorte en Afrique à être convoquée afin de discuter de l’impact au niveau national du ralentissement de l’activité économique mondiale. Le Président zambien Rupiah Banda ainsi que deux anciens chefs d’Etat du pays, les Présidents Kenneth Kaunda et Frederick Chiluba, ont également assisté à l’Indaba, aux côtés des citoyens zambiens ordinaires et des délégations étrangères. Le Président Banda a décrit les effets néfastes de la crise sur la croissance de son pays. Le secteur des industries extractives a été le plus touché. Il a vu la perte de nombreux emplois, entrainant une chute des revenus des ménages et un déclin rapide de la qualité de la vie. Le président a soutenu que la capacité du gouvernement de mobiliser le revenu a été affectée, et que la perte de devises étrangères a déjà touché la fourniture de l’engrais pour l’agriculture. Il a réaffirmé la détermination de la Zambie à employer toute sa sagesse et à puiser dans les expériences d’autres pays pour réussir la diversification, transformer son économie et sécuriser son avenir. SOURCE :The World Bank
|